Les mots que les participant·es ont écrits sous leurs photos, dans leur langue et dans celle de leur quartier. Chaque mot dit d’où il vient, qui l’a écrit, et comment on dit la même chose ailleurs.
Chaque langue a son mot pour le lieu où l’on vit, et chaque mot porte déjà une histoire.
favela
portugais du BrésilRocinha, Rio de Janeiro
photographies : les enfants des Ruches et de la T.L., Fotogracria et l’équipe de mOst
« a maior favela da america latina »
Le nom donné, à Rio, aux quartiers construits par celles et ceux qui y vivent, sur les mornes et au bord de la baie. Longtemps chargé de mépris, le mot est repris avec fierté.
photographies et légendes : les jeunes de Llanaditas avec Movimiento Urbano, Fotogracria (Rocinha) et Arteviana (Maré)
« los habitantes de nuestra comuna »
« entre comunas »
Medellín est découpée en seize comunas ; la Comuna 8, sur les pentes de l’est, est celle de Llanaditas. On dit « nuestra comuna » comme on dirait « notre quartier ».
Les mots pour dire celles et ceux qui ont grandi ici, et qui y grandissent encore.
cria
portugais du BrésilRocinha, Rio de Janeiro
photographies : les enfants des Ruches et de la T.L., Fotogracria et l’équipe de mOst
« Nós é cria da Rocinha. »
« los crías se refrescan del calor de Río »
Celle ou celui qui est né·e et a grandi dans la favela : on est cria da Rocinha, cria da Maré. Le mot a voyagé : dans favela ocho, les légendes en espagnol l’écrivent « los crías ».
qui le dit
les enfants de la T.L., à Rocinha ; les légendes de favela ocho
Ne rien faire de précis, mais ensemble : partout, il y a un mot pour ça.
parche, parchar
espagnol de ColombieLlanaditas, Medellín
photographies et légendes : les jeunes de Llanaditas avec Movimiento Urbano, Fotogracria (Rocinha) et Arteviana (Maré)
« tiempo de parche »
« unos hombres se encuentran para beber, comer y parchar »
Le parche, c’est la bande d’amis et le moment passé ensemble ; parchar, c’est traîner ensemble, sans programme. El parchecito, le petit parche, a donné son nom à deux projets à Medellín.
Ce qui est le meilleur, le plus fort. Un mot très familier, que les jeunes ont choisi pour le titre de leur film et de leur exposition : la calle más chingona, la rue la plus géniale.
Le béton plat au-dessus des têtes : un toit à Rio, une place en France.
laje
portugais du BrésilRocinha, Rio de Janeiro
photographies : les enfants des Ruches et de la T.L., Fotogracria et l’équipe de mOst
« Crianças brincando em uma laje na Dionéia »
Le toit plat en béton des maisons de favela : on y joue, on y étend le linge, on y fait voler les cerfs-volants, et c’est là qu’on bâtira l’étage suivant. Dans la version espagnole de favela ocho, la laje devient une « terraza ».
français des quartiersLes Malassis, Bagnolet ; l’Almont, Melun
photographies et légendes : les seniors de Bagnolia et les jeunes des Malassis
« 32 Pierre-et-Marie-Curie, situé sur la dalle. »
La grande plateforme de béton des quartiers construits dans les années 1960 et 1970, au-dessus des parkings et des commerces : la place du quartier, en hauteur. À Melun, les jeunes en ont fait un titre : dalle, mon futur.
qui le dit
les habitant·es des Malassis, à Bagnolet ; les jeunes de l’Almont, à Melun
Chaque nouvel atelier apporte ses mots. Le lexique se complète au fil des projets, avec les participant·es : un mot, celle ou celui qui l’a écrit, l’endroit où il se dit.