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qui sommes-nous ?

mon oeil sur terre

Mon oeil sur terre est une association qui développe des projets documentaires, d’arts visuels et d’arts plastiques, co-créés avec les habitant·es des territoires populaires. Notre point de départ est simple : lorsqu’un quartier est raconté uniquement depuis l’extérieur, les images se figent, les trajectoires se simplifient, les mémoires disparaissent et une partie de la parole collective s’appauvrit. Nous travaillons donc à l’endroit où se fabrique la représentation : qui raconte, comment et avec quels moyens.

Nous considérons les quartiers populaires comme des espaces de culture à part entière. Ils ne sont pas seulement des lieux d’intervention, des objets d’étude ou des décors. Ils sont traversés par des savoirs, des histoires, des gestes, des formes de solidarité, des tensions, des imaginaires et des pratiques artistiques. Notre travail consiste à créer des cadres où cette intelligence située peut devenir image, récit, œuvre, archive et prise de parole publique.

Notre démarche s’inscrit dans le cadre des droits culturels. La culture est pour nous un droit concret : le droit de participer à la vie culturelle, de créer, d’interpréter son monde, de transmettre une mémoire et d’être représenté·e avec dignité. Cela implique de déplacer les rôles. Les habitant·es ne sont pas des « publics » à atteindre, mais des auteur·rices, des contributeur·rices et des décideur·euses des récits qui les concernent.

mOst n’a pas vocation à « donner la parole ». La parole existe déjà. Nous cherchons à réunir les conditions pour qu’elle puisse se formuler, circuler, se confronter, être protégée lorsqu’elle doit l’être et laisser une trace. Ces conditions passent par la présence, la confiance, la régularité, l’aller-vers, l’attention aux rythmes et la possibilité de tâtonner sans être immédiatement jugé·e sur un résultat.

l’exposition disco malassis sur la dalle
« disco malassis », Bagnolet, 2025

Au centre de notre méthode se trouve la co-création. Nous ne proposons pas une succession d’ateliers isolés, mais des processus complets : rencontre, enquête, apprentissage, production, sélection, éditorialisation, restitution et archivage. Le partage de la décision concerne toutes les étapes, depuis le choix du sujet jusqu’à la question de ce qui sera montré, à qui, dans quel lieu et sous quelles formes.

L’éducation à l’image traverse l’ensemble de nos projets. Dans un monde saturé de contenus visuels, savoir produire une image et savoir la lire sont deux compétences indissociables. Nous transmettons des outils techniques, comme le cadrage, la lumière, la composition, la prise de son et le montage, tout en développant une lecture critique : ce qu’une image révèle, ce qu’elle efface, les rapports de pouvoir qu’elle peut reproduire et les contre-récits qu’elle peut rendre possibles.

Cette attention aux représentations est liée à notre engagement contre les discriminations. Les territoires où nous intervenons font souvent l’expérience de la stigmatisation sociale, territoriale, raciale ou culturelle. En travaillant depuis l’intérieur, les participant·es peuvent complexifier les regards, rendre visibles des expériences minorées et contester les catégories qui enferment les personnes et les quartiers. La pratique artistique devient alors un levier de dignité, de reconnaissance et d’égalité symbolique.

La mémoire et les archives constituent un autre axe essentiel. Démolitions, relogements, réhabilitations, disparition de lieux de sociabilité, recompositions sociales : ce qui n’est pas documenté depuis l’intérieur risque d’être perdu ou remplacé par des récits administratifs. Nous construisons avec les habitant·es des archives vivantes, accessibles et transmissibles, qui relient les souvenirs, les usages du présent et les futurs imaginés.

un jeune colle un grand portrait sur un mur, Medellín
« el parchecito de medellín 2 », Medellín, 2025

La restitution est enfin un acte public. Exposer sur une dalle, projeter un film, publier un livret, installer des portraits dans une rue ou faire entendre des voix par des QR codes, c’est donner une présence publique à des récits qui resteraient autrement invisibles. C’est aussi permettre aux participant·es de se voir autrement et inviter d’autres personnes à entrer dans le quartier par ce qui s’y fabrique plutôt que par ce qu’on en dit de loin.

Nous travaillons à une échelle locale, avec une ambition translocale. D’un projet à l’autre, nous consolidons une méthode, une éthique et un réseau capable de relier l’Île-de-France, Marseille et plusieurs territoires d’Amérique latine et d’Algérie. Notre conviction demeure la même : les périphéries ne sont pas des marges culturelles. Elles deviennent des centres de création, de mémoire et d’invention lorsque les moyens de produire, raconter et transmettre sont réellement partagés.

depuis 2020

L’association est créée officiellement en 2020. En 2021, un premier Point de vue réunit les habitant·es de La Noue, à Bagnolet. Depuis, la même méthode s’est affinée de quartier en quartier, en France et à l’international.