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projets / documentaire vidéo

documentaire vidéo

fabriquer un film avec celles et ceux qui vivent le sujet

Le documentaire vidéo est un format à part entière. Nous le mobilisons lorsqu’une situation demande plus qu’une série d’images : une transformation imminente, une mémoire à transmettre, une question collective, des trajectoires à faire entendre ou un moment du territoire qu’il devient urgent de raconter. Le film permet de relier des personnes, des lieux, des paroles et des temporalités dans une narration commune.

Il ne s’agit ni de filmer un atelier, ni de produire une vidéo promotionnelle. Le documentaire possède son propre sujet, son point de vue, son écriture et son rythme. Les participant·es en sont les co-auteur·rices : ils et elles contribuent à formuler la question de départ, à choisir les personnes à rencontrer, à préparer les entretiens, à tourner les séquences, à regarder les rushes et à décider de la forme finale.

La première étape consiste à délimiter le sujet. Un quartier contient toujours plus d’histoires qu’un film ne peut en porter. Nous travaillons donc avec le groupe pour identifier un angle, une tension ou un fil narratif. Cette étape permet d’apprendre à passer d’une idée très large, comme « parler de notre quartier », à une question filmable, située et suffisamment précise pour orienter l’enquête.

Les ateliers transmettent ensuite les bases de la réalisation : cadrage, stabilité, lumière, construction d’un plan, continuité entre les séquences, prise de son, conduite d’entretien et position de la caméra. La technique reste au service de la relation. Filmer une personne implique de créer un cadre de confiance, d’expliquer l’usage des images, d’écouter sans forcer la parole et de respecter les limites posées pendant ou après le tournage.

Le tournage se fait généralement en petites équipes. Les rôles circulent entre image, son, entretien, repérage et suivi de production. Cette organisation permet aux participant·es de découvrir plusieurs métiers et de comprendre qu’un film résulte d’une attention collective. Elle favorise également l’autonomie : le groupe apprend à préparer une séquence, à vérifier le matériel, à anticiper les autorisations et à s’adapter à ce qui arrive sur le terrain.

Le dérushage est un temps pédagogique majeur. Regarder ensemble les images permet de distinguer ce qui a été vécu de ce qui est réellement visible ou audible à l’écran. On analyse les choix de cadrage, les silences, les répétitions, les contradictions et les passages sensibles. Le montage, la voix off, les titres et les archives sont ensuite discutés comme des choix de récit, et non comme une simple opération technique réservée à l’intervenant·e.

La projection publique prolonge le film. Elle peut avoir lieu dans le quartier, dans une structure partenaire, en plein air ou dans une salle culturelle. Les participant·es présentent la démarche et ouvrent un échange avec le public. Le documentaire devient ainsi une œuvre de transmission, mais aussi un outil de discussion sur la mémoire, les représentations et les transformations du territoire.

La durée du projet dépend de l’ambition du film. Un cycle court peut produire une capsule ou un portrait ; un atelier-résidence de plusieurs mois permet un documentaire collectif plus structuré. Dans tous les cas, nous ajustons l’ambition aux moyens de tournage, de montage, de postproduction, de sous-titrage et de diffusion afin de préserver la qualité du processus et de l’œuvre finale.

en images

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photographies : les participant·es des ateliers et l’équipe de mOst

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